Une réflexion critique sur les définitions du bien-être autistique

Titre original en anglais : A critical reflection on definitions of autistic well‐being

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Deakin, M., Petty, S., Heasman, B., & Hamilton, L. G. (2024). A critical reflection on definitions of autistic well‐being. Brain and Behavior, 14(7), e3572-e3572. https://doi.org/10.1002/brb3.3572

Date de publication: 30/06/2024 Ajout dans AutiHub: 30/08/2026 Type: Article Langue de l’article: Anglais

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Résumé

Notre revue systématique en cours de la littérature sur les interventions de bien-être psychologique destinées aux adultes autistes a mis en évidence que le concept de bien-être a été mal opérationnalisé pour les personnes autistes dans la littérature clinique. Notre étude vise à apporter une nouvelle revue de la qualité de la conception des interventions de bien-être psychologique pour les adultes autistes. Bien que les hypothèses entourant la définition de l'autisme aient été largement critiquées dans la littérature (Heasman & Parfitt, 2023), notre revue de 69 études a révélé que le concept de « bien-être », tel qu'il s'applique aux personnes autistes, a reçu comparativement peu d'attention. Nous soulevons trois problèmes liés à la simplification excessive actuelle du bien-être lorsqu'il est compris comme un retour à un fonctionnement « normal » par la remédiation du mal-être. Nous suggérons qu'une voie à suivre consiste à adopter les théorisations contemporaines à la fois de l'être autiste (Chapman, 2021; Kourti, 2021) et de l'expérience des vulnérabilités au bien-être (van Os et al., 2019). Une revue de ce qui est entendu par bien-être autistique éclairerait les pratiques cliniques et de recherche. Dans notre revue, nous avons constaté que les représentations du bien-être des personnes autistes étaient diverses; toutefois, elles manquaient d'évaluation critique. Le bien-être a été opérationnalisé comme un large éventail de résultats, tels qu'une réduction des pensées anxieuses (Langdon et al., 2016), ou une augmentation des relations sociales (Oswald et al., 2018). Certaines études ont mesuré des changements dans plusieurs domaines, tels que le stress, l'anxiété, la dépression et la qualité de vie (Pahnke et al., 2019). Il est important de noter que de nombreux auteurs soit (a) ont indiqué que les mesures de résultats utilisées pour démontrer l'efficacité d'une intervention thérapeutique n'avaient pas été conçues pour les personnes autistes, soit (b) n'ont pas précisé en quoi les mesures seraient appropriées à une utilisation avec des personnes autistes. Ce manque d'esprit critique peut conduire à des interprétations erronées (Stewart et al., 2006). Par exemple, une personne autiste pourrait réduire temporairement les exigences sociales comme moyen d'améliorer son bien-être, plutôt que cela ne reflète un mal-être (Pearson & Rose, 2021). Cela souligne comment les personnes autistes ont décrit que leur détresse était mal comprise dans la pratique clinique (Au-Yeung et al., 2019; Babb et al., 2021), mettant l'accent sur la nécessité d'écouter les expériences vécues plutôt que les définitions par défaut. Des revues systématiques ont relevé une grande variabilité des taux rapportés d'anxiété, de dépression et d'idées suicidaires chez les personnes autistes (Cassidy et al., 2018; Hollocks et al., 2019; Wigham et al., 2017). Par exemple, une revue a relevé que les taux de dépression rapportés chez les personnes autistes sans déficience cognitive variaient de 1 % à 47 % (Wigham et al., 2017). Les raisons potentielles de cette variation comprennent l'absence de conceptualisations définitives de la dépression chez les personnes autistes, ainsi que la validité incertaine des mesures de résultats utilisées. Une réponse à ces préoccupations a été de développer des mesures conçues avec et pour les adultes autistes, par exemple l'Anxiety Scale for Autism—Adults (Rodgers et al., 2020). Ensemble, ces résultats montrent la nécessité d'une définition stable du « bien-être autistique » afin d'aider au développement ultérieur d'outils appropriés pour la recherche et la pratique clinique. L'expérience du bien-être peut être différente pour les personnes autistes par rapport à leurs pairs non autistes, mais les mesures du bien-être autistique sont souvent fondées sur des modèles normatifs (Ayres et al., 2018; Lam et al., 2021). Supposer qu'être bien signifie être « typique » est contre-productif (Milton & Sims, 2016). Les recommandations actuelles indiquent aux praticiens de suivre les protocoles établis d'intervention thérapeutique pour la population générale et de les adapter aux personnes autistes (NICE, 2021; Scottish Intercollegiate Guidelines Network, 2016). Une revue critique de la conceptualisation du bien-être autistique ouvrira des possibilités de recherche. De nombreuses études incluses dans notre revue en cours étaient des études exploratoires pilotes ou de faisabilité, reflétant le développement précoce de la recherche dans ce domaine. Les travaux en développement examinent plus largement les concepts de marginalisation et de justice sociétale (Petty, Hamilton et al., 2023). Il existe des implications associées pour le bien-être individuel, y compris le sentiment d'appartenance d'une personne autiste (Milton & Sims, 2016; Sonuga-Barke, 2023). Pour orienter les recherches futures, il est utile de noter que le défi consistant à identifier une définition stable du bien-être ne se limite pas aux personnes autistes. Dodge et al. (2012) ont défini le bien-être comme « le point d'équilibre entre le réservoir de ressources d'un individu et les défis auxquels il est confronté, où les ressources et les défis peuvent être psychologiques, sociaux et physiques » (p. 230). Toutefois, le bien-être est davantage que l'absence de maladie ou de facteurs de stress négatifs (Dodge et al., 2012; Waters et al., 2009). L'idée que le mal-être découle inévitablement du fait d'être autiste doit être remise en question; au contraire, le mal-être découle d'une combinaison de facteurs externes et internes (Chapman, 2020). Une compréhension révisée du bien-être autistique devra prendre en compte des éléments souvent absents des définitions créées pour une majorité neurotypique, y compris les différences de traitement sensoriel (Milton & Sims, 2016; Petty, Lambarth et al., 2023; Robeyns, 2016). Le traitement sensoriel est une dimension du bien-être qui peut aider à comprendre la douleur et la fatigue chez les personnes autistes (Robeyns, 2016). Une échelle de débordement ou de fatigue peut offrir une meilleure mesure de la détresse émotionnelle que les outils standardisés évaluant l'anxiété ou la dépression (Petty, Lambarth et al., 2023). Une conceptualisation plus solide du bien-être autistique exige une justification théorique de ce qu'est le bien-être, ainsi qu'une approche nuancée de la manière dont celui-ci interagit avec les caractéristiques du fait d'être autiste, les complexités intersectionnelles et les besoins de soutien. Cette conceptualisation tiendrait compte de la façon dont le bien-être est situé dans des environnements sociétaux et structurels susceptibles de soutenir ou de limiter les capacités de bien-être (Lam et al., 2021; Robeyns, 2016). Il importe également de reconnaître le potentiel d'épanouissement. Chapman et Carel (2022) écrivent sur les implications de l'injustice épistémique qui refuse l'épanouissement autistique et peut induire en erreur les tentatives de certains individus autistes de s'épanouir. Nous recommandons une façon de conceptualiser le bien-être qui sous-tende des mesures significatives représentant équitablement les diverses expériences variées des personnes autistes, plutôt que d'« ajouter à » des concepts élaborés pour la population générale. Les théorisations contemporaines offrent la possibilité de recentrer l'objectif des interventions thérapeutiques, de dissocier le besoin de réduire uniquement les « symptômes » problématiques, et de favoriser l'épanouissement (Sonuga-Barke, 2023; van Os et al., 2019). Notre revue à méthodes mixtes comportait délibérément des critères d'inclusion larges pour les interventions psychologiques, les résultats et les plans d'étude. Pourtant, les études examinées se concentraient principalement sur la réduction des symptômes de mal-être. Alternativement, la santé mentale peut être conceptualisée comme les vulnérabilités d'une personne, dans le cadre d'une approche de renforcement de la résilience qui renforcerait les domaines sociaux et existentiels (van Os et al., 2019). Le fait d'avoir une identité sociale autiste positive semble offrir un mécanisme protecteur pour le bien-être psychologique grâce à une amélioration de l'estime de soi personnelle et collective (Cooper et al., 2017). En conclusion, nous recommandons que le recadrage ontologique de l'autisme se prolonge dans la pratique clinique. Nous suggérons que les recherches émergentes sur les interventions thérapeutiques pour les personnes autistes mettent au premier plan une définition valide du bien-être et des résultats importants sur le plan personnel tout au long de la vie, sans comparaison avec une norme par défaut de majorité neurologique. Cette approche serait conforme à un modèle de paradigme de la neurodiversité pour la science translationnelle (Sonuga-Barke, 2023). Les auteurs ont une expérience clinique et de recherche du travail avec des clients autistes, et adhèrent à une approche de la neurodiversité qui valorise les différences (Dwyer, 2022). Ils ne sont pas diagnostiqués autistes. Michele Deakin : conceptualisation; rédaction — version initiale; rédaction — révision et édition. Stephanie Petty : conceptualisation; rédaction — version initiale; rédaction — révision et édition. Brett Heasman : conceptualisation; rédaction — version initiale; rédaction — révision et édition. Lorna G Hamilton : conceptualisation; rédaction — version initiale; rédaction — révision et édition. Les auteurs n'ont aucun conflit d'intérêts à déclarer. L'historique de l'évaluation par les pairs de cet article est disponible à l'adresse https://publons.com/publon/10.1002/brb3.3572. Les données qui étayent les résultats de cette étude sont disponibles auprès de l'auteur correspondant sur demande raisonnable.

Our ongoing systematic literature review of psychological well-being interventions for autistic adults highlighted that the concept of well-being has been poorly operationalized for autistic people in clinical literature. Our investigation aims to contribute a novel review of how well psychological well-being interventions are designed for autistic adults. While assumptions around the definition of autism have been critiqued extensively in literature (Heasman & Parfitt, 2023) our review of 69 studies found that the concept of “well-being”, as it applies to autistic people, has received comparatively little attention. We raise three issues with the current oversimplification of well-being when it is understood as a return to “normal” functioning through the remediation of ill-being. We suggest that a way forward is to embrace contemporary theorizing of both being autistic (Chapman, 2021; Kourti, 2021) and of experiencing wellness vulnerabilities (van Os et al., 2019). A review of what is meant by autistic well-being would inform clinical and research practices. In our review we have found that representations of well-being of autistic people were diverse; however, they lacked critical evaluation. Well-being was operationalized as a wide range of outcomes, such as a reduction in anxious thoughts (Langdon et al., 2016), or an increase in social relating (Oswald et al., 2018). Some studies measured changes in multiple domains, such as stress, anxiety, depression and quality of life (Pahnke et al., 2019). Importantly, many authors either (a) commented that the outcome measures used to demonstrate the effectiveness of a therapeutic intervention were not designed for autistic people or (b) did not specify how the measures would be appropriate for use with autistic people. This lack of criticality can lead to misinterpretations (Stewart et al., 2006). For example, an autistic person might reduce social demands temporarily as a way to improve their well-being, rather than this being a reflection of ill-being (Pearson & Rose, 2021). This highlights how autistic people have described their distress being misunderstood in clinical practice (Au-Yeung et al., 2019; Babb et al., 2021), emphasizing the need to hear lived experiences over default definitions. Systematic reviews have identified wide variability in the reported rates of anxiety, depression and suicide ideation for autistic people (Cassidy et al., 2018; Hollocks et al., 2019; Wigham et al., 2017). For example, one review identified that rates of depression reported for autistic people without cognitive impairment varied from 1% to 47% (Wigham et al., 2017). Potential reasons for this variation include the lack of definitive conceptualizations of depression for autistic people, as well as uncertain validity of the outcome measures used. One response to these concerns has been to develop measures designed with and for autistic adults, for example the Anxiety Scale for Autism—Adults (Rodgers et al., 2020). Together, these findings show the need for a stable definition of “autistic well-being” to aid further development of appropriate tools for research and clinical practice. The experience of well-being may be different for autistic people compared with their non-autistic peers, but measures of autistic well-being are often based on normative models (Ayres et al., 2018; Lam et al., 2021). Assuming that being well means being “typical” is counterproductive (Milton & Sims, 2016). Current guidance tells practitioners to follow established therapeutic intervention protocols for the general population, and to tailor these for autistic people (NICE, 2021; Scottish Intercollegiate Guidelines Network, 2016). A critical review of the conceptualization of autistic well-being will open up research possibilities. Many studies featured in our ongoing review were exploratory pilot or feasibility studies, reflecting the early development of research in this area. Developing work is considering concepts of marginalization and societal justice more broadly (Petty, Hamilton et al., 2023). There are associated implications for individual well-being, including an autistic person's sense of belonging (Milton & Sims, 2016; Sonuga-Barke, 2023). To direct future research, it is helpful to note that the challenge of identifying a stable definition of well-being is not limited to autistic people. Dodge et al. (2012) defined well-being as “the balance point between an individual's resource pool and the challenges faced, where resources and challenges can be psychological, social and physical,” (p. 230). However, well-being is more than an absence of illness or negative stressors (Dodge et al., 2012; Waters et al., 2009). The idea that ill-being inevitably stems from being autistic needs to be challenged; instead ill-being stems from a combination of external and internal factors (Chapman, 2020). A revised understanding of autistic well-being will need to consider elements often missed from definitions created for a neurotypical majority, including sensory processing differences (Milton & Sims, 2016; Petty, Lambarth et al., 2023; Robeyns, 2016). Sensory processing is a dimension of well-being that can help understand pain and fatigue for autistic people (Robeyns, 2016). A scale of overwhelm or fatigue may offer a better metric of emotional distress than standardized tools assessing anxiety or depression (Petty, Lambarth et al., 2023). A stronger conceptualization of autistic well-being requires a theoretical rationale about what well-being is, and a nuanced approach to how this interacts with characteristics of being autistic, intersectional complexities, and support needs. This conceptualization would appreciate how well-being is situated within societal and structural environments that may support or limit well-being capabilities (Lam et al., 2021; Robeyns, 2016). Importantly, the potential to flourish also needs to be recognized. Chapman and Carel (2022) write about the implications of epistemic injustice that denies autistic flourishing, and can mislead some autistic individuals’ attempts to thrive. We recommend a way of conceptualizing well-being to underpin meaningful measures that fairly represent autistic people's various diverse experiences, rather than “adding to” concepts developed for the general population. Contemporary theorizing provides the opportunity to refocus the purpose of therapeutic interventions, disentangle the need to reduce problematic “symptoms” alone, and promote thriving (Sonuga-Barke, 2023; van Os et al., 2019). Our mixed-methods review had deliberately broad inclusion criteria for psychological interventions, outcomes and study designs. Yet the studies reviewed predominantly focused on reducing symptoms of ill-being. Alternatively, mental health can be conceptualized as a person's vulnerabilities, within a resilience-building approach that would strengthen social and existential domains (van Os et al., 2019). Having a positive autistic social identity appears to offer a protective mechanism for psychological well-being through improved personal and collective self-esteem (Cooper et al., 2017). In conclusion, we recommend that the ontological reframing of autism flows through into clinical practice. We suggest that emerging research into therapeutic interventions for autistic people foregrounds a valid well-being definition and personally important lifespan outcomes, without comparison with a neuromajority default. This approach would align with a neurodiversity paradigm model for translational science (Sonuga-Barke, 2023). The authors have clinical and research experience of working with autistic clients, and align with a neurodiversity approach that values differences (Dwyer, 2022). They are not diagnosed as autistic. Michele Deakin: Conceptualization; writing—original draft; writing—review and editing. Stephanie Petty: Conceptualization; writing—original draft; writing—review and editing. Brett Heasman: Conceptualization; writing—original draft; writing—review and editing. Lorna G Hamilton: Conceptualization; writing—original draft; writing—review and editing. The authors have no conflicts of interest to disclose. The peer review history for this article is available at https://publons.com/publon/10.1002/brb3.3572. The data that support the findings of this study are available from the corresponding author upon reasonable request.

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