Troubles de la tolérance réduite aux sons (hyperacousie et misophonie) chez des adultes autistes ayant des capacités cognitives préservées I : prévalence et caractéristiques cliniques
Titre original en anglais : Decreased Sound Tolerance Disorders (Hyperacusis and Misophonia) in Cognitively Able Autistic Adults I: Prevalence and Clinical Features
Williams, Z. J., Barrett, D. J., Cascio, C. J., & Woynaroski, T. G. (2024). Decreased Sound Tolerance Disorders (Hyperacusis and Misophonia) in Cognitively Able Autistic Adults I: Prevalence and Clinical Features [Preprint]. Center for Open Science. https://doi.org/10.31234/osf.io/yj8qa
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Résumé
Contexte : La tolérance réduite aux sons (DST ; c.-à-d., difficulté à tolérer les sons dans son environnement) est l'une des caractéristiques sensorielles les plus fréquentes de l'autisme, avec une prévalence au cours de la vie comprise entre 50 et 70 %. Plusieurs troubles, dont l'hyperacousie (la perception de sons d'intensité modérée comme excessivement forts ou physiquement douloureux) et la misophonie (une affection neuropsychiatrique dans laquelle des sons spécifiques « déclencheurs » provoquent des réactions émotionnelles excessives telles que la colère, l'irritation et le dégoût), contribuent probablement à la charge de la DST dans la population autiste, mais ce groupe de symptômes a été peu exploré dans l'autisme de manière à distinguer ces affections les unes des autres ou à examiner en quoi ces troubles diffèrent potentiellement chez les personnes autistes et non autistes. Méthodes : Un échantillon de 936 adultes autistes autonomes a été recruté au sein de la cohorte Simons Foundation Powering Autism Research for Knowledge. Le statut de cas d'hyperacousie et de misophonie a été opérationnalisé à l'aide d'items d'enquête auto-rapportés reflétant la déclaration de symptômes de DST et l'altération fonctionnelle. Des statistiques descriptives ont été produites afin de rendre compte de la prévalence de chaque catégorie de DST, ainsi que des caractéristiques cliniques des personnes appartenant aux deux catégories. Résultats : Dans l'ensemble de l'échantillon, 40,2 % répondaient aux critères de cas d'hyperacousie (prévalence pondérée selon le sexe : 33,5 %), tandis que 35,5 % répondaient aux critères de cas de misophonie (prévalence pondérée selon le sexe : 29,1 %), et une hyperacousie et une misophonie comorbides ont été observées chez 27,0 % des participants (prévalence pondérée selon le sexe : 21,9 %). L'hyperacousie comme la misophonie étaient associées aux acouphènes et au trouble des acouphènes, bien qu'aucune des deux affections ne soit associée à une perte auditive (diagnostiquée). La douleur évoquée par les sons était un symptôme fréquemment rapporté de l'hyperacousie, 64,7 % des adultes autistes ressentant de la douleur au moins une fois par mois et 24,7 % des personnes autistes présentant une hyperacousie répondant aux critères d'« hyperacousie douloureuse ». L'apparition de l'hyperacousie était beaucoup plus précoce que celle précédemment rapportée dans des échantillons non autistes, bien que la plupart des autres caractéristiques de l'hyperacousie et de la misophonie ne différaient pas de ce qui est connu des études menées dans la population générale. Conclusion : L'hyperacousie et la misophonie (ainsi que leur comorbidité) sont toutes deux très fréquentes dans la population autiste et devraient être étudiées conjointement (plutôt que comme un construit unifié) dans les futures recherches sur la DST associée à l'autisme.
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