Neurodiversité : combler le fossé entre le mouvement des personnes handicapées et le mouvement des survivants du système de santé mentale ?

Titre original en anglais : Neurodiversity: bridging the gap between the disabled people’s movement and the mental health system survivors’ movement?

Graby, S. (2015). Neurodiversity: bridging the gap between the disabled people’s movement and the mental health system survivors’ movement? In Madness, Distress and the Politics of Disablement (pp. 231-244). Bristol University Press. https://doi.org/10.46692/9781447314592.018

Date de publication: 2015 Ajout dans AutiHub: 05/07/2026 Type: Chapitre de livre Langue de l’article: Anglais

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Résumé

Introduction Ce chapitre retrace les origines et l'évolution du mouvement de la neurodiversité, qui se compose de personnes présentant des conditions (telles que des « troubles » du spectre autistique, le TDA(H), la dyspraxie ou la dyslexie) qui ont été situées quelque part entre les catégories traditionnelles de « handicap » et de « maladie mentale ». Le mouvement de la neurodiversité a des racines dans le mouvement des personnes handicapées comme dans le mouvement des survivants et, comme il sera soutenu, il a de nouvelles perspectives à offrir à ces deux mouvements. Il devrait donc intéresser ceux qui cherchent à combler les écarts conceptuels entre les mouvements des personnes handicapées et des survivants, tels que le point de blocage entre eux concernant le concept de « déficience » (Plumb, 1994). Les auteurs et militants au sein du mouvement de la neurodiversité sont vivement conscients de la construction sociale de la « détresse » comme du « handicap », s'en préoccupent, et ont élaboré leur propre analyse distincte de ces concepts. Ce chapitre donne un aperçu de certaines de ces réflexions. Il s'appuie sur ma propre expérience au sein du mouvement de la neurodiversité, ainsi que sur la littérature publiée issue des trois mouvements, afin d'illustrer les convergences et les divergences entre eux, et propose finalement quelques suggestions pour aller de l'avant. Personnes handicapées et survivants du système de santé mentale : deux mouvements La relation entre le mouvement des personnes handicapées et le mouvement des survivants est complexe. À ses débuts, le mouvement moderne des personnes handicapées était très majoritairement centré sur la déficience physique. Cela se reflète dans les noms de groupes fondateurs tels que l'Union of the Physically Impaired Against Segregation (UPIAS), dont la déclaration de principes fondatrice classait les « personnes qui sont dites... malades mentales » parmi les « autres groupes opprimés » avec lesquels il était estimé que les personnes ayant une déficience physique devaient s'allier, tout en conservant une identité distincte (UPIAS, 1974). La « grande idée » du mouvement était le modèle social du handicap (Hasler, 1993). Cependant, à mesure qu'une compréhension plus large de celui-ci s'est développée, les survivants ont été de plus en plus considérés comme faisant partie du mouvement et de la catégorie des « personnes handicapées ». Étaient inclus dans ce groupe d'autres groupes ayant des déficiences « non physiques », tels que les personnes sourdes/Sourdes et les personnes ayant des difficultés d'apprentissage, groupes qui sont eux aussi restés de manière notable quelque peu séparés, dans leur auto-organisation, du mouvement « plus large » des personnes handicapées. Les réactions du mouvement des survivants à cela ont été mitigées. Certains militants survivants ont accueilli favorablement le modèle social en raison de son attribution du handicap à l'exclusion sociale et à l'oppression, plutôt qu'à quelque chose d'inhérent aux individus.

Introduction This chapter traces the origins and evolution of the neurodiversity movement, which consists of people with conditions (such as autistic spectrum ‘disorders’, AD(H)D, dyspraxia, or dyslexia) which have been positioned somewhere between the traditional categories of ‘disability’ and ‘mental illness’. The neurodiversity movement has roots in, and, as will be argued, has new insights to offer to, both the disabled people’s and survivor movements. Therefore, it should be of interest to those seeking to bridge conceptual gaps between the disabled people's and survivor movements – such as the sticking point between them over the concept of ‘impairment’ (Plumb, 1994). Writers and activists within the neurodiversity movement are acutely aware of, and concerned with, the social construction of both ‘distress’ and ‘disability’, and have developed their own distinct analysis of these concepts. This chapter gives an overview of some of that thinking. It draws on my own experience within the neurodiversity movement, as well as on published literature from all three movements, to illustrate the convergences and divergences between them, and finally offers some suggestions for ways forward. Disabled people and mental health system survivors: two movements The relationship between the disabled people's movement and the survivor movement is complex. In its early stages, the modern disabled people's movement was overwhelmingly focused on physical impairment. This is reflected in the names of seminal groups such as the Union of the Physically Impaired Against Segregation (UPIAS), in whose founding policy statement ‘people who are called…mentally ill’ were classed among ‘other oppressed groups’ with which it was felt that the physically impaired ought to ally, while retaining a separate identity (UPIAS, 1974). The movement's ‘big idea’ was the social model of disability (Hasler, 1993). As a broader understanding of this was developed, however, survivors increasingly became considered part of the movement and of the category ‘disabled people’. Included within this group were other ‘non-physically’ impaired groups such as d/Deaf people and people with learning difficulties, which groups have also notably remained somewhat separate in their self-organisation from the ‘broader’ disabled people's movement. Reactions to this from the survivor movement have been mixed. Some survivor activists have welcomed the social model because of its attribution of disability to social exclusion and oppression, rather than to something inherent in individuals.

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