(Re)constructions des personnes autistes dans l'interaction humain-ordinateur

Titre original en anglais : (Re)Constructions of Autistics in Human-Computer Interaction

Cette publication est incluse dans le projet « Contributions académiques de personnes autistes sur l’autisme ». un auteur·ice de cette publication est identifié·e comme autiste dans le projet.

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Guberman, J. (2026). (Re)Constructions of Autistics in Human-Computer Interaction [Dissertation]. University of Michigan. https://doi.org/10.7302/dspace/29565

Date de publication: 01/01/2026 Ajout dans AutiHub: 26/10/2026 Type: Thèse Langue de l’article: Anglais

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Résumé

Cette thèse en trois articles soutient que la recherche en interaction humain-ordinateur (IHO) construit l'autisme et les personnes autistes de manières qui permettent et normalisent des pratiques de recherche préjudiciables. En tant que chercheur autiste étudiant la recherche sur l'autisme, j'emploie l'analyse critique du discours, la semi-autoethnographie et l'analyse inductive des citations afin de mettre au jour les mécanismes discursifs, rhétoriques et citationnels par lesquels les personnes autistes sont présentées comme des bénéficiaires passifs d'interventions médiatisées par la technologie plutôt que comme des personnes qui savent, qui créent ou qui sont parties prenantes de recherches qui nous concernent. Le premier article examine les positionnements idéologiques du domaine à travers la construction rhétorique des personnes autistes comme semblables à des robots : mécanistes, informatiques et possédant des « affinités naturelles » pour la technologie. En m'appuyant sur la littérature existante, je retrace comment ces récits positionnent les personnes autistes non seulement comme moins qu'humaines, mais comme moins que vivantes : des choses sur lesquelles agir plutôt que des agents autodéterminés. Je soutiens que ces constructions normalisent la complicité de l'interaction humain-ordinateur dans des paradigmes d'intervention comportementale violents et j'explore les économies politiques qui soutiennent cette recherche. En m'appuyant sur la technoscience crip et la théorie du cyborg, je propose la figure du « cripborg » comme cadrage alternatif qui reconnaît l'usage de la technologie par les personnes autistes comme agentique et politique plutôt que robotique. Le deuxième article étudie les affirmations selon lesquelles les personnes autistes ont « une affinité naturelle pour la technologie », qui apparaissent dans l'ensemble de la recherche en interaction humain-ordinateur liée à l'autisme. Grâce à une analyse inductive de 77 articles contenant cette affirmation et de 48 articles cités à l'appui de cette affirmation, je constate que cette affirmation essentialisante ne dispose pas d'un soutien probant significatif. Les citations renvoient soit à d'autres articles formulant la même affirmation non étayée, soit à des sources qui ne contiennent aucune preuve à l'appui, soit à rien du tout. J'identifie des mécanismes citationnels préoccupants, constatant qu'un nombre important d'affirmations d'« affinité naturelle » dérivent d'un seul article qui (A) n'étaye pas l'affirmation et (B) contient l'affirmation et cite, à son appui, un article qui ne l'étaye pas. Je constate que les schémas rhétoriques des citations confèrent une apparence de mérite scientifique sans responsabilité vis-à-vis des preuves, et témoignent d'une évaluation par les pairs inadéquate. En effet, l'autisme devient un réceptacle pour toute signification dont un chercheur donné a besoin afin que son travail paraisse dûment justifié. Ces résultats soulèvent de sérieuses questions quant à la véracité et à la rigueur de la recherche en IHO, particulièrement concernant les populations marginalisées. Je discute de la nécessité d'une responsabilité et d'accords plus clairs au sein du domaine sur ce qui constitue une recherche rigoureuse et significative. Le dernier article se tourne vers Twitter #ActuallyAutistic, où j'examine comment les personnes autistes utilisent la plateforme pour discuter de la recherche sur l'autisme, s'y engager, y résister et y intervenir. Je constate que les contre-récits autistes s'alignent sur le paradigme de la neurodiversité, tandis que les discours académiques dominants adhèrent au modèle médical du handicap. Bien que les deux orientations partagent parfois des priorités de recherche déclarées, elles représentent des approches fondamentalement inconciliables : les mêmes mots revêtent des significations et des implications radicalement différentes. J'explore la manière dont les utilisateurs autistes de Twitter interagissent avec les chercheurs à travers cette division paradigmatique et je conclus en formulant les implications de ces résultats pour les chercheurs en IHO désireux de mener une recherche éthique et non violente sur l'autisme. Ensemble, ces articles montrent que l'autisme en IHO est traité moins comme une population à servir que comme une ressource à extraire. Les chercheurs revendiquent un impact social tout en perpétuant des préjudices. Ces problèmes sont endémiques aux engagements du domaine envers le progrès, la productivité et l'utilité, et une réorientation fondamentale est nécessaire. Les personnes autistes ne sont pas des robots belliqueux faits pour porter des significations imposées. Nous sommes des êtres humains belliqueux possédant des connaissances et des expériences essentielles pour refaçonner l'IHO.

This three-paper dissertation argues that human-computer interaction (HCI) research constructs autism and autistic people in ways that enable and normalize harmful research practices. As an autistic researcher studying autism research, I employ critical discourse analysis, semi-autoethnography, and inductive citation analysis to expose discursive, rhetorical, and citational mechanisms through which autistic people are framed as passive recipients of technologically-mediated interventions rather than knowers, makers, or stakeholders in research that affects us. The first paper examines the field’s ideological stances through the rhetorical construction of autistic people as robot-like – mechanistic, computeristic, and possessing "natural affinities" for technology. Building on existing literature, I trace how these narratives position autistic people not merely as less-than-human but as less-than-living: things to be acted upon rather than self-determined agents. I argue that these constructions normalize human-computer interaction’s complicity in violent behavioral intervention paradigms and explore the political economies that sustain this research. Drawing on crip technoscience and cyborg theory, I propose the figure of the "cripborg" as an alternative framing that recognizes autistic technology use as agentic and political rather than robotic. The second paper investigates claims that autistic people have "a natural affinity for technology," which appears throughout autism-related human-computer interaction research. Through an inductive analysis of 77 claim-containing papers and 48 cited-for-claim papers, I find that this essentializing claim lacks meaningful evidentiary support. Citations either point to other papers making the same unsupported claim, to sources that do not contain supporting evidence, or to nothing at all. I identify troubling citational mechanics, finding that a significant number of “natural affinity” claims derive from a single paper that (A) does not support the claim and (B) contains the claim and cites an unsupportive paper in support of it. I find that the rhetorical patterns of citations lend the appearance of scientific merit without accountability to evidence and evidence of inadequate peer review. In effect, autism becomes a container for whatever meaning a given researcher requires to make their work appear properly warranted. These findings raise serious questions about the veridicality and rigor of HCI research, particularly regarding marginalized populations. I discuss the need for accountability and clearer agreements within the field about what constitutes rigorous and meaningful research. The final paper turns to #ActuallyAutistic Twitter, where I examine how autistic people use the platform to discuss, engage with, resist, and intervene in autism research. I find that autistic counternarratives align with the neurodiversity paradigm, while dominant academic discourses adhere to the medical model of disability. Though both orientations sometimes share stated research priorities, they represent fundamentally irreconcilable approaches – the same words carry radically different meanings and implications. I explore how autistic Twitter users interact with researchers across this paradigmatic divide and conclude by articulating the implications of these findings for HCI researchers interested in conducting ethical, non-violent autism research. Together, these papers show that autism in HCI is treated less as a population to be served and more as a resource to be extracted. Researchers claim social impact while perpetuating harm. These problems are endemic to the field's commitments to progress, productivity, and utility, and a fundamental reorientation is required. Autistic people are not belligerent robots made to bear imposed meanings. We are belligerent humans with knowledge and experiences critical to reshaping HCI.

Bibliographie citée par cette référence

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