Favoriser la socialite autistique : potentiels non realises dans l'interaction sociale bilaterale

Titre original en anglais : Enabling autistic sociality: unrealised potentials intwo-sided social interaction

Cette publication est incluse dans le projet « Contributions académiques de personnes autistes sur l’autisme ». un auteur·ice de cette publication est identifié·e comme autiste dans le projet.

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Heasman, B. (2018). Enabling autistic sociality: unrealised potentials intwo-sided social interaction [Dissertation]. https://researchonline.lse.ac.uk/id/eprint/134831/1/Heasman_enabling-autistic-sociality.pdf

Date de publication: 01/09/2018 Ajout dans AutiHub: 22/10/2026 Type: Thèse Langue de l’article: Anglais

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Résumé

La recherche sur l'autisme, defini comme un handicap developpemental permanent affectant l'interaction sociale, s'est principalement concentree sur la maniere dont les personnes autistes percoivent les autres et interagissent avec eux, en accordant moins d'importance aux perspectives de leurs partenaires d'interaction. Pourtant, les points de vue autistes ont souligne que les autres personnes participent a une rupture bilaterale de l'interaction provenant de differences entre les personnes plutot que du deficit d'un individu quelconque, un phenomene connu sous le nom de probleme de la double empathie. Il existe donc une lacune dans la litterature quant a la comprehension de la maniere dont la socialite autistique (c'est-a-dire l'eventail des possibilites sociales possibles pour un individu donne sur le spectre) est faconnee par differents partenaires d'interaction. Cette these examine le probleme de la double empathie dans trois contextes interactionnels. L'etude 1 examine les relations entre des personnes autistes et les membres de leur famille en se concentrant sur la prise de perspective, la capacite d'attribuer des etats mentaux a autrui. A la lumiere de recherches anterieures dans lesquelles les capacites autistes ont ete evaluees a l'aide de scenarios abstraits, l'etude 1 met en oeuvre une mesure bilaterale de la prise de perspective qui prend en compte les deux cotes de 22 relations de la vie reelle (n=44) composees d'adultes autistes et de membres de leur famille, afin de comprendre comment les personnes autistes sont percues par des proches ainsi que l'inverse. Elle utilise une approche a methodes mixtes, dans laquelle les membres de chaque dyade ont ete interroges individuellement sur 12 sujets, fournissant des scores quantitatifs et une explication qualitative de leur evaluation du Soi, de leur evaluation de leur partenaire et de l'evaluation qu'ils predisaient de la part de leur partenaire. La comparaison des perspectives a fourni un moyen de detecter les malentendus et leur justification sous-jacente. La contribution de l'etude 1 est de montrer que la prise de perspective est bilaterale : les membres de la famille peuvent presenter un biais en sous-estimant la prise de perspective de leurs proches autistes, tandis que les adultes autistes sont conscients d'etre percus negativement bien qu'ils ne soient pas d'accord avec de tels points de vue. L'etude 2 examine les interactions entre des adultes autistes (n=30) participant a une activite naturelle de jeu video au sein d'une organisation caritative. Il s'agit d'une etude qualitative utilisant l'observation participante, chaque tour de parole etant systematiquement evalue en termes de coherence, d'affect et de symetrie afin d'identifier les caracteristiques cles de l'intersubjectivite neurodivergente, le processus par lequel les personnes autistes construisent une comprehension partagee selon leurs propres modalites non normatives. La contribution de l'etude 2 est d'identifier deux formes d'intersubjectivite neurodivergente qui permettent d'atteindre une comprehension partagee, mais qui ont traditionnellement ete considerees comme indesirables d'un point de vue social normatif : une hypothese genereuse d'un terrain commun qui, lorsqu'elle est comprise, conduit a une entente rapide et, lorsqu'elle n'est pas comprise, aboutit a des enonces potentiellement perturbateurs ; et une faible exigence de coordination qui a attenue de nombreuses difficultes associees aux tours de parole perturbateurs. L'etude 3 examine les interactions impliquant des personnes non specialistes (n=256) qui pensent interagir avec un partenaire autiste au moyen d'un jeu collaboratif en ligne, alors qu'elles jouent en fait avec un agent virtuel intelligent (IVA) qui se comporte de la meme maniere pour tous les participants. Sa contribution est methodologique, car elle developpe une nouvelle application pour la simulation d'interactions dans la recherche experimentale appelee Dyad3D. L'etude 3 utilise Dyad3D pour explorer la maniere dont la revelation d'un diagnostic d'autisme par l'IVA affecte la perception sociale et le comportement social par comparaison avec la revelation d'une dyslexie et une condition dans laquelle aucun diagnostic n'est revele. Combinee a un questionnaire post-jeu, l'etude 3 triangule des mesures auto-rapportees (echelles d'evaluation quantitatives et explication qualitative) et des mesures comportementales (scores quantitatifs des actions au sein du jeu) afin de comprendre l'interaction entre discrimination positive et negative suscitee par l'utilisation de l'etiquette d'autisme. Elle souligne que la revelation diagnostique de l'autisme conduit a un biais positif significatif dans la perception sociale par rapport a la revelation d'une dyslexie ou a une condition sans revelation ; toutefois, les participants ne sont pas aussi serviables envers l'IVA autiste qu'ils pensent l'etre, ce qui indique un biais potentiel dans le comportement d'aide. La these adopte une approche methodologique abductive qui s'integre a un appel plus large en faveur d'un modele de recherche plus participatif dans l'etude de l'autisme. L'abduction est une forme de raisonnement qui implique le developpement iteratif d'une hypothese ayant la meilleure portee explicative pour les phenomenes sous-jacents observes. Elle est intrinsequement alignee sur un modele de recherche participatif, car l'abduction implique l'exploration continue d'idees pouvant provenir de sources multiples (c'est-a-dire des interactions avec des personnes autistes ainsi que des resultats de recherche). Adopter une approche plus holistique du developpement des connaissances avec les personnes autistes, qui reconnait la legitimite de differentes revendications de connaissance, est important, car les recherches anterieures dans ce domaine ont souvent echoue a reflechir de maniere critique a la positionnalite des chercheurs et des participants ainsi qu'aux principes sous-jacents a l'elaboration des programmes de recherche. Pour cette raison, la these detaille les activites participatives qui entourent et sont interconnectees avec le developpement des trois etudes empiriques. Dans l'ensemble, la these contribue a comprendre la socialite autistique comme un processus dynamique faconne par les interactions. Elle soutient que les personnes autistes possedent un potentiel social non realise, tant en termes d'imagination d'autres perspectives (etude 1) que de coordination avec autrui (etude 2). Toutefois, ce potentiel social peut ne pas etre facilement reconnu par d'autres personnes non autistes, qui peuvent presenter des biais dans leurs hypotheses concernant l'autisme (etude 1 et etude 3).

Research on autism, which is defined as a life-long developmental disability affecting social interaction, has focussed predominantly on how autistic individuals perceive and interact with others with less emphasis on the perspectives of their interactional partners. Yet autistic viewpoints have highlighted how other people are part of a two-way breakdown in interaction originating from differences between people rather than the deficit of any one individual, a phenomenon known as the double empathy problem. A gap therefore exists in the literature in terms of understanding how autistic sociality (i.e. the range of social opportunities possible for a given individual on the spectrum) is shaped by different interactional partners. This thesis examines the double empathy problem in three interactional contexts. Study 1 examines relationships between autistic people and their family members through focussing on perspective-taking, the ability to impute mental states to others. In light of prior research where autistic abilities have been assessed using abstract scenarios, Study 1 implements a two-way measure of perspective-taking which considers both sides of 22 real-life relationships (n=44) consisting of autistic adults and their family members, to understand how autistic people are seen by familiar others as well as vice versa. It uses a mixed-methods approach, where members of each dyad were individually asked about 12 topics, providing quantitative scores and qualitative explanation of their rating of Self, their rating of their partner, and their predicted rating by their partner. Comparison of perspectives provided a means for detecting misunderstandings and their underlying rationale. The contribution of Study 1 is that it shows perspective-taking is two-sided: family members can be biased in underestimating the perspective-taking of their autistic relatives, while autistic adults are aware of being negatively viewed despite disagreeing with such views. Study 2 examines interactions between autistic adults (n=30) partaking in a naturally occurring activity of video-gaming at a charity. It is a qualitative study using participant observation, with each conversational turn systematically rated in terms of coherence, affect and symmetry to identify the key features of neurodivergent intersubjectivity, the process through which autistic people build shared understanding in their own non-normative ways. The contribution of Study 2 is to identify two forms of neurodivergent intersubjectivity which enable shared understanding to be achieved, but which have traditionally been viewed as undesirable from a normative social viewpoint: a generous assumption of common ground that, when understood, lead to rapid rapport, and, when not understood, resulted in potentially disruptive utterances; and a low demand for coordination that ameliorated many challenges associated with disruptive turns. Study 3 examines interactions involving lay people (n=256) who believe they are interacting with an autistic partner through an online collaborative game, when in fact they are playing with an intelligent virtual agent (IVA) who behaves the same way for all participants. Its contribution is methodological as it develops a new application for simulating interactions in experimental research called Dyad3D. Study 3 uses Dyad3D to explore how disclosure of an autism diagnosis by the IVA affects social perception and social behaviour in comparison to a disclosure of dyslexia and a condition where there is no diagnostic disclosure. Combined with a post-game questionnaire, Study 3 triangulates self-reported (quantitative rating scales and qualitative explanation) and behavioural measures (quantitative scores of actions within the game) to understand the interplay of positive and negative discrimination elicited through using the label of autism. It highlights that diagnostic disclosure of autism leads to significant positive bias in social perception when compared to a disclosure of dyslexia or a no disclosure condition; yet participants are not as helpful towards the autistic IVA as they think they are, indicating a potential bias in helping behaviour. The thesis takes an abductive methodological approach which integrates with a wider call for a more participatory model of research in the study of autism. Abduction is a form of reasoning which involves the iterative development of a hypothesis that holds the best explanatory scope for the underlying phenomena observed. It is inherently aligned with a participatory model of research because abduction involves the ongoing exploration of ideas that may originate from multiple sources (i.e. interactions with autistic people as well as research outputs). Taking a more holistic approach to the development of knowledge with autistic people which recognises the legitimacy of different claims to knowledge is important, because prior research in the field has often failed to critically reflect on researcherparticipant positionality and the principals underlying the development of research agenda. For this reason, the thesis details the participatory activities which surround and interconnect with the development of the three empirical studies. Overall the thesis contributes to understanding autistic sociality as a dynamic, interactionally shaped process. It reasons that autistic people have unrealised social potential, both in terms of imagining other perspectives (Study 1) and coordinating with others (Study 2). However, such social potential may not be easily recognised by other non-autistic people who may be biased in their assumptions about autism (Study 1 and Study 3).

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