Camouflage social chez les adultes autistes : prédicteurs et rôle dans le burnout autistique
Titre original en langue inconnue ou non prise en charge : Camouflage social chez les adultes autistes: prédicteurs et rôle dans le burnout autistique
Cette publication est incluse dans le projet « Contributions académiques de personnes autistes sur l’autisme ». un auteur·ice de cette publication est identifié·e comme autiste dans le projet.
À propos de la mention auteur·ice autisteRebours, C. (2025). Camouflage social chez les adultes autistes: prédicteurs et rôle dans le burnout autistique [Dissertation, Université de Toulouse (2023-2025)]. Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur. https://doi.org/10.70675/e0bdef1cz1af0z4a54za685z360cba96e9e4
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Auteurs
Résumé
Ce manuscrit s’inscrit dans un contexte marqué par la prédominance du modèle biomédical, qui tend à individualiser les difficultés des personnes autistes et à les réduire à des déficits intrinsèques. En contrepoint, il adopte une perspective critique et intersectionnelle, ancrée dans le paradigme de la neurodiversité et le modèle social du handicap. Il s’intéresse à un mécanisme central, le camouflage social, et à l’une de ses conséquences majeures, le burnout autistique. Le camouflage désigne l’ensemble des stratégies utilisées par les personnes autistes pour masquer ou compenser leurs traits, afin de répondre aux attentes sociales et éviter la stigmatisation. Si elles peuvent parfois faciliter l’adaptation, ces stratégies sont coûteuses et associées à une santé mentale fragilisée. Le burnout autistique est un état d’épuisement profond lié à l’accumulation de pressions sociales, sensorielles et structurelles qui submergent durablement les ressources. Bien que ces phénomènes suscitent un intérêt croissant, leurs liens restent peu étudiés. L’objectif de cette thèse était double : (1) identifier les mécanismes sous-jacents du camouflage afin de comprendre pourquoi certaines personnes y recourent davantage ; (2) analyser le rôle du camouflage comme facteur de risque du burnout autistique, en interaction avec d’autres prédicteurs. Trois études complémentaires ont été menées. L’Article 1 a exploré quantitativement les prédicteurs du camouflage. Il met en évidence le rôle de facteurs psychosociaux tels que l’acceptation de l’autisme et la perception des différences de cognition sociale, montrant que le camouflage ne relève pas seulement des capacités cognitives mais des expériences de minorisation. L’Article 2 s’est intéressé aux prédicteurs du burnout autistique. Les résultats soulignent son caractère multifactoriel, impliquant des facteurs individuels, interpersonnels et structurels. Le camouflage, notamment sa dimension de compensation, prédit la sévérité du burnout. L’appartenance à une minorité de genre trans ou divergente de genre constitue également un facteur de vulnérabilité, confirmant l’importance d’une perspective intersectionnelle. L’Article 3, qualitatif, approfondit cette compréhension en recueillant l’expérience vécue des personnes autistes. Les entretiens mettent en lumière l’accumulation de pressions sociales et sensorielles, les injonctions paradoxales, les obstacles structurels dans l’accès aux soins et aux droits, ainsi que l’intériorisation de la stigmatisation. Ces résultats confirment que le burnout n’est pas une trajectoire « normale » de l’autisme, mais la conséquence de pressions systémiques spécifiques. Pris ensemble, ces travaux proposent une compréhension intégrée du lien entre camouflage et burnout. Ils contribuent à dé-individualiser l’analyse des difficultés de santé mentale dans l’autisme, en montrant qu’elles ne relèvent pas d’une vulnérabilité intrinsèque mais de l’interaction entre particularités autistiques et environnements inadaptés. Au-delà de leurs apports théoriques, ces résultats soulignent la nécessité de transformer les pratiques cliniques, en s’éloignant des interventions centrées sur la normalisation pour promouvoir des approches affirmatives et respectueuses de la neurodiversité. Ils plaident également pour repenser les environnements sociaux, éducatifs et professionnels afin de réduire les pressions qui alimentent le burnout, et pour développer des recherches participatives et intersectionnelles centrées sur l’amélioration concrète de la qualité de vie des personnes autistes. En conclusion, ce manuscrit propose une articulation originale entre camouflage social et burnout autistique, et contribue à transformer leur compréhension scientifique, clinique et sociétale.
Bibliographie citée par cette référence
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