Autisme et animalité : une philosophie antispéciste-posthumaniste de la neurodiversité

Titre original en anglais : Autism and animality: an antispeciesist-posthumanist philosophy of neurodiversity

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Tarragnat, O. (2026). Autism and animality: an antispeciesist-posthumanist philosophy of neurodiversity [Dissertation, Paris, EHESS]. Agence Bibliographique de l'Enseignement Supérieur. https://doi.org/10.70675/fd06378bz4949z4aacz8e17zb4403cea1522

Date de publication: 05/06/2026 Ajout dans AutiHub: 29/09/2026 Type: Thèse Langue de l’article: Anglais

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Résumé

L'autisme et l'animalité : une philosophie antispéciste-posthumaniste de la neurodiversité. Cette thèse examine l'intersection entre l'autisme et l'animalité dans une perspective philosophique. Elle propose une approche antispéciste-posthumaniste de la neurodiversité, démontrant la co-construction du spécisme et de la neuronormativité, la dialectique de l'humanisation et de l'animalisation dans l'humanisme, le rôle de l'animalité (autiste) comme altérité constitutive de l'humanité (typique), et la pertinence d'une revendication subversive de l'animalité autiste suivant un horizon de libération totale. La première partie investigue la construction croisée des conceptions traditionnelles de l'humanité et de l'animalité avec diverses figures du handicap autistique (telles que la disharmonie, le désordre et le dysfonctionnement) dans la modernité-colonialité occidentale. À cette fin, les trois premiers chapitres s'appuient sur les cadres théoriques du posthumanisme critique et de l'approche dishumaine pour étudier les théories de Jakob von Uexküll, Kurt Goldstein et Arnold Gehlen. Ils proposent une méthodologie des lectures parasitaires, qui vise à interroger le rôle du handicap dans les généalogies des philosophies post/humanistes. La partie I révèle comment le handicap autistique est investi à la fois à travers des figures réprimées ou fétichisées de l'animalité et comme instrument de maintien de l'ordre social conservateur et in/humaniste, cristallisant ainsi certaines des tensions majeures d'une « modernité dishumaine ». La seconde partie s'intéresse au rôle joué par l'animalité et par les animaux·ales non humain·es dans les études et le mouvement de la neurodiversité, là encore à la fois constitutif et marginalisé. Elle s'appuie sur la confrontation de cadres théoriques parfois opposés, à savoir les études animales critiques, l'éthologie philosophique et le posthumanisme féministe intersectionnel, mis en dialogue selon la méthodologie du « semer le trouble ». À travers un examen du rapport des études de la neurodiversité aux sciences de la vie, les trois derniers chapitres mettent en évidence les effets de l'humanisme dans l'histoire de l'autisme et dans le mouvement de la neurodiversité : la neurodiversité comme biodiversité sans animaux·ales non humain·es, le discours neurologique comme dispositif de bestialisation de la neurodivergence, et les modèles béhavioristes comme technologies de spéciation. Face à ces constats, la partie II propose un tournant plus-qu'humain et plus-que-neurologique dans les études de la neurodiversité, incarné par la perspective de l'éthodiversité. Avec ce qu'on appellera l'éthodivergence, il s'agit notamment de réinvestir la position de l'animalité autiste, de favoriser l'alliance des communautés autistes avec les animaux·ales non humain·es et de façonner des pratiques de coalitions entre mouvements antispécistes et neurodivergents.

L'autisme et l'animalité: une philosophie antispéciste-posthumaniste de la neurodiversité Cette thèse examine l’intersection entre l’autisme et l’animalité dans une perspective philosophique. Elle propose une approche antispéciste-posthumaniste de la neurodiversité, démontrant la co-construction du spécisme et de la neuronormativité, la dialectique de l’humanisation et de l’animalisation dans l’humanisme, le rôle de l’animalité (autiste) comme altérité constitutive de l’humanité (typique), et la pertinence d’une revendication subversive de l’animalité autiste suivant un horizon de libération totale.La première partie investigue la construction croisée des conceptions traditionnelles de l’humanité et de l’animalité avec diverses figures du handicap autistique (telles que la disharmonie, le désordre et le dysfonctionnement) dans la modernité-colonialité occidentale. À cette fin, les trois premiers chapitres s’appuient sur les cadres théoriques du posthumanisme critique et de l’approche dishumaine pour étudier les théories de Jakob von Uexküll, Kurt Goldstein et Arnold Gehlen. Ils proposent une méthodologie des lectures parasitaires, qui vise à interroger le rôle du handicap dans les généalogies des philosophies post/humanistes. La partie I révèle comment le handicap autistique est investi à la fois à travers des figures réprimées ou fétichisées de l’animalité et comme instrument de maintien de l’ordre social conservateur et in/humaniste, cristallisant ainsi certaines des tensions majeures d’une « modernité dishumaine ».La seconde partie s’intéresse au rôle joué par l’animalité et par les animaux·ales non humain·es dans les études et le mouvement de la neurodiversité, là encore à la fois constitutif et marginalisé. Elle s’appuie sur la confrontation de cadres théoriques parfois opposés, à savoir les études animales critiques, l’éthologie philosophique et le posthumanisme féministe intersectionnel, mis en dialogue selon la méthodologie du « semer le trouble ». À travers un examen du rapport des études de la neurodiversité aux sciences de la vie, les trois derniers chapitres mettent en évidence les effets de l’humanisme dans l’histoire de l’autisme et dans le mouvement de la neurodiversité: la neurodiversité comme biodiversité sans animaux·ales non humain·es, le discours neurologique comme dispositif de bestialisation de la neurodivergence, et les modèles béhavioristes comme technologies de spéciation. Face à ces constats, la partie II propose un tournant plus-qu’humain et plus-que-neurologique dans les études de la neurodiversité, incarné par la perspective de l’éthodiversité. Avec ce qu’on appellera l’éthodivergence, il s’agit notamment de réinvestir la position de l’animalité autiste, de favoriser l’alliance des communautés autistes avec les animaux·ales non humain·es et de façonner des pratiques de coalitions entre mouvements antispécistes et neurodivergents.

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