Discours de haine envers les personnes handicapées : contextes sociaux, culturels et politiques. Sous la direction de Mark Sherry, Terje Olsen, Janikke Solstad Vedeler et John Eriksen. Abingdon, Routledge, 2021, 268 p.

Titre original en anglais : Disability hate speech: Social, cultural and political contexts By MarkSherry, TerjeOlsen, Janikke SolstadVedeler, and JohnEriksen Abingdon (Eds.), Routledge. 2021. pp. 268

Cette publication est incluse dans le projet « Contributions académiques de personnes autistes sur l’autisme ». un auteur·ice de cette publication est identifié·e comme autiste dans le projet.

À propos de la mention auteur·ice autiste

Wilkin, D. (2023). Disability hate speech: Social, cultural and political contexts By MarkSherry, TerjeOlsen, Janikke SolstadVedeler, and JohnEriksen Abingdon (Eds.), Routledge. 2021. pp. 268. British Journal of Learning Disabilities, 51(4), 609-610. https://doi.org/10.1111/bld.12539

Publication date: 22/05/2023 Ajout dans AutiHub: 18/09/2026 Type: Article Langue de l’article: Anglais

Cette publication est intégrée dans AutiHub via :

Auteurs

Auteur·ices des publications
1
Auteur·ices de la publication identifié·es comme autistes
1 / 1 (100,0 %)

Résumé

Si ce livre portait sur un sujet de psychologie ou sur une forme de criminologie populiste, il prendrait volontiers sa place parmi les milliers d'autres. Ce n'est toutefois pas le cas. Il se concentre plutôt sur deux domaines de niche : premièrement, le handicap, un phénomène dont les gens ne comprennent pas qu'il peut arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment, et deuxièmement, le discours de haine. Par discours de haine, il ne fait pas spécifiquement référence, comme le fait l'avalanche de publications récentes, à une analyse de données de Twitter, une plateforme qui a été abondamment étudiée, principalement parce qu'il s'agit d'une recherche de bureau facile à réaliser. Non, heureusement, ce livre est différent. Cet ouvrage collectif analyse les attaques verbales et culturelles qui sont couramment et fréquemment lancées contre les personnes handicapées. Le barrage quotidien d'injures, apparemment acceptable, que les politiciens nous disent être inacceptable, mais qu'ils ne font rien pour arrêter. Ce livre comble un énorme vide. Alors que d'autres volumes font référence au discours de haine (par exemple, voir Burch, 2021 ; Chakraborti et Garland, 2015 ; Wilkin, 2020), ce volume rassemble, de manière faisant autorité et à partir d'une myriade de perspectives, une discussion des comportements, des techniques et des effets du discours de haine sur les personnes handicapées. Pour illustrer sa différence, après avoir indiqué à juste titre que le livre occupe une place fondamentale dans les recherches sur la haine, il définit le discours de haine envers les personnes handicapées comme un comportement menaçant, stigmatisant, linguistique ou visuel qui favorise des sentiments négatifs chez les victimes. Il indique que les victimes handicapées sont affectées par la souffrance, l'altérisation, la démonisation, la dévalorisation et la peur. Cela se produit lors d'interactions en face à face, dans les médias et dans la haine en ligne. Il révèle les incidents de discours de haine au niveau micro, à peine perceptibles peut-être pour la plupart, mais qui causent néanmoins des dommages émotionnels et psychologiques à la victime et à ses proches. Ces échanges en face à face peuvent être présentés comme de la plaisanterie, une blague ou simplement le fait de s'amuser (sic). Les auteurs d'abus peuvent justifier leurs actes haineux d'une manière qui paraît plausible et acceptable. Le livre révèle également les manifestations au niveau macro perpétrées par les médias et les plateformes en ligne. Celles-ci propagent l'altérité et la haine à une échelle industrielle, rapidement transmises pour devenir des opinions culturellement acceptables, agissant afin d'organiser la pensée sociétale et de diviser les communautés dans le but de faire des personnes handicapées des boucs émissaires. Elles créent une auréole autour des masses supposément travailleuses, contribuables et fatiguées, tout en soulignant les personnes handicapées comme étant à charge et nécessiteuses. Le livre recourt ensuite à trois perspectives distinctes par lesquelles il dépeint admirablement comment le discours de haine agit pour intimider les personnes handicapées. Ces approches tangentielles révèlent les techniques du discours de haine envers les personnes handicapées, l'impact personnel subi et la perspective géopolitique. C'est cette variété d'aspects fascinants qui fait de ce volume une nécessité académique. L'ontologie, ou la nature, du discours de haine envers les personnes handicapées, et la manière dont il est propagé, sont dépeintes dans trois chapitres clés. Dans la partie I, un examen des cadres législatifs actuels révèle qu'il faut vraiment chercher longtemps pour trouver le moindre contexte de protection juridique susceptible de s'appliquer aux personnes handicapées. Dans une recherche à l'échelle mondiale, Sherry montre que les législatures nationales ne semblent pas pouvoir se donner la peine de consacrer un temps précieux à protéger les personnes handicapées contre les crimes de haine ou les discours de haine. De plus, les médias accordent peu d'égards aux personnes handicapées : qu'il s'agisse de diffuseurs établis ou de plateformes de médias sociaux, ils manifestent peu d'intention de protéger les personnes handicapées contre la haine. Le chapitre conclusif de cette section se concentre sur les expériences au niveau micro de personnes ayant été victimes de haine et d'abus au quotidien, ce goutte-à-goutte d'hostilité et de microagressions qui finit par produire ses effets sur la communauté handicapée et par entraver toute tentative de mener une vie ordinaire. En passant à la partie II, les impacts personnels du discours de haine envers les personnes handicapées sont davantage soulignés. La normalité et l'acceptabilité de cette hostilité, des abus, des insultes et de la violence sont toutes exposées, tout en insistant sur le caractère ordinaire de l'usage de termes tels que retard, idiot et infirme. Ce lexique abusif est fréquemment employé, facilement transmissible et adopté comme une terminologie acceptable pour différencier les personnes handicapées à grande échelle. La dévalorisation psychoémotionnelle médicalisée des personnes autistes est révélée telle qu'elle est appliquée par la profession médicale. Dès le moment du diagnostic, les personnes identifiées comme handicapées sont destinées à mener des vies différentes, à être dissemblables, à être étiquetées comme non normales. Dans des études de cas spécifiques, un parent autiste décrit comment la complexité émotionnelle impliquée dans la tentative d'établir une vie sans entraves et productive pour un enfant autiste est rendue presque impossible par le système en place, un système qui agit pour diviser et accentuer la différence. Les autorités médicales exercent leur pouvoir et leur statut professionnel dans leur quête pour étiqueter, différencier et catégoriser le patient handicapé. À bien des égards, comme le souligne le modèle médical du handicap, l'altérité commence ici. La dévalorisation des personnes handicapées et l'accent négatif mis sur la différence sont encore admirablement exposés à travers une expérience personnelle du nanisme. Le caractère blessant et la douleur d'être la cible de l'humour de quelqu'un d'autre ont pour effet de rendre la victime méfiante à l'égard de la vie, au point de devoir inventer une série de mesures de sécurité qu'elle doit adopter simplement pour éviter d'être attaquée, encore une fois. La discussion s'élargit dans la partie III pour incorporer le géographique et le géopolitique ; une étude des personnes ayant des déficiences intellectuelles en Norvège apporte un aperçu rare mais précieux des intersectionnalités du racisme et du capacitisme subis par les Samis qui sont également handicapés. Le Nigeria, le Kenya et la Tanzanie sont nos destinations suivantes d'examen. Sur le continent africain, les ramifications plus extrêmes du discours de haine envers les personnes handicapées deviennent apparentes dans un contexte où sont illustrés les abus physiques, le meurtre et le commerce de parties du corps. La perspective mondialisée se poursuit par un examen des abus envers les personnes amputées dans la Pologne postcommuniste, des abus commis par ceux qui fournissent des soins intimes en Australie, et d'un exemple de la popularité d'une station de radio capacitiste aux États-Unis. Les effets de l'austérité et le manque d'urgence dont fait preuve la police dans le traitement des signalements de discours de haine envers les personnes handicapées concluent un chapitre qui a tant à offrir depuis tant de régions différentes du monde. Ce livre est un ajout nécessaire à la collection de tout chercheur spécialisé dans les crimes de haine envers les personnes handicapées, les études sur le handicap ou la violence interpersonnelle. Non seulement il recourt à un réseau d'auteurs établis et émergents issus de diverses disciplines, mais il offre un éventail diversifié de perspectives par lesquelles nous pouvons examiner un domaine peu étudié. Il analyse l'éventail des techniques et des médias, et adopte une vision mondiale de la manière dont l'hostilité envers les personnes handicapées est propagée. Tout en faisant tout ce qui précède, il nous rend également pleinement conscients des effets douloureux du fait d'être handicapé et des abus auxquels cette caractéristique nous expose. Non seulement nous devons avoir la déficience, mais nous devons être entravés dans la vie par des obstacles sociétaux placés sur notre chemin, puis nous devons également faire face à la bile et aux préjugés de quelqu'un d'autre. Ceux qui travaillent avec des personnes handicapées dans la profession médicale, les services sociaux et les services de soutien, ainsi que ceux qui œuvrent dans la politique sociale et la gestion culturelle, devraient lire ce volume.

If this book was focusing on a psychology subject or on a form of populist criminology, it would happily take its place among the thousands of others. It is not, however. Instead, it focuses on two niche areas: first, disability—a phenomenon that people fail to understand can occur to anyone, at any time—and second, hate speech. By hate speech, it does not specifically refer, as does the avalanche of recent publications, to a data analysis of Twitter, a platform which has been extensively drilled into, mainly because it is easily accomplished desktop research. No, thankfully this book is different. This edited volume analyses the vocal and cultural attacks that are commonly and frequently launched upon disabled people. The everyday, seemingly acceptable, barrage of abuse that politicians tell us are unacceptable, but do nothing to stop. This book fills an enormous hole. While other volumes refer to hate speech (e.g., see Burch, 2021; Chakraborti & Garland, 2015; Wilkin, 2020), this volume brings together a discussion of the behaviours, techniques, and effects of hate speech on disabled people in an authoritative way and from a myriad of perspectives. To exemplify its difference, after rightly indicating the book has a fundamental place in hate scholarship, it defines disability hate speech as threatening, stigmatising, linguistic, or visual conduct promoting negative feeling in the victims. It cites the disabled victims as being affected through suffering, othering, demonisation, devaluation, and fear. This occurs through face-to-face interactions, the media and online hate. It reveals the microlevel incidents of hate speech, which are perhaps barely perceivable to most, but cause emotional and psychological damage to the victim and their associates, nonetheless. These face-to-face transactions can be passed-off as banter, a joke, or just messing around (sic). The abusers can justify their hateful actions in a way that is plausible and acceptable. The book additionally reveals the macrolevel occurrences perpetrated through the media and online platforms. These propagate otherness and hatred on an industrial scale, speedily transmitted to become culturally acceptable views, working to organise societal thought and divide communities in its purpose to scapegoat disabled people. Creating a halo around the supposedly hard working, tax-paying, tired masses—while emphasising the burdensome and needy disabled. The book then turns to use three distinctive perspectives through which it wonderfully portrays how hate speech works to intimidate disabled people. These tangential approaches reveal the techniques of disability hate speech, the personal impact suffered and the geopolitical view. It is this variety of fascinating aspects which make this volume a scholarly necessity. The ontology, or nature, of disability hate speech and how it is propagated, is portrayed through three key chapters. In Part I, an examination of current legislative frameworks reveals that you need to look really hard to find any context of legal protection which might apply to disabled people. In a globally wide search, Sherry exemplifies that national legislatures cannot be bothered, it seems, to spend valuable time in protecting disabled people from hate crime or hate speech. Moreover, the media show scant regard for disabled people whether it be established broadcasters or social media platforms, they display little intent of protecting disabled people against hate. The concluding chapter in the section focuses on the micro level experiences of people who have been victims of hate and abuse on an everyday scale, the drip, drip, drip of hostility and microaggressions which eventually take their toll on the disabled community and thwart any attempt to live an ordinary life. Moving to Part II, the personal impacts of disability hate speech are further emphasised. The normality and acceptability of this hostility, the abuse, the insults, the violence are all conveyed as it emphasises the ordinariness of the use of terms like retard, idiot, and cripple. This abusive lexicon is frequently employed, easily transmissible and is adopted as acceptable terminology for the differentiation of disabled people on a wide scale. The medicalised psycho-emotional devaluation of autistic people is revealed as applied by the medical profession. From the point of diagnosis, those identified as disabled are destined to lead different lives, to be dissimilar, to be labelled as not normal. In specific case studies, an autistic parent describes how the emotional complexity involved in trying to establish an obstruction-free and productive life for an autistic child is made almost impossible by the system that is in place, a system which works to divide and accentuate difference. The medical authorities wield their power and professional status in their quest to label, differentiate and categorise the disabled patient. In many respects, as emphasised by the medical model of disability, the Otherness starts from here. The devaluation of disabled people and the negative emphasis of difference is beautifully further exposed through a personal experience of dwarfism. The cutting nature and pain of being the butt of someone else's humour has the effect of making the victim wary of life to the point of needing to invent a series of safety measures which they have to adopt just to avoid being attacked—again. The discussion widens in Part III to incorporate the geographical and the geopolitical, a study of people with intellectual disabilities in Norway brings a rare but valuable insight into the intersectionalities of racism and disablism suffered by the Sami people who are additionally disabled. Nigeria, Kenya, and Tanzania are our next destinations for examination. On the African continent, the more extreme ramifications of disability hate speech become apparent in a context where physical abuse, murder and the trading of body parts are illustrated. The globalised view continues with an examination of the abuse of amputees in postcommunist Poland, abuse by those who provide intimate care in Australia, and an example of the popularity of a disablist radio station in the United States. The effects of austerity and the lack of urgency shown by police in the processing of reports of disability hate speech conclude a chapter which has so much to offer from so many different corners of the world. This book is a necessary addition to the collection of any scholar in disability hate crime, disability studies, or interpersonal violence. Not only does it use a network of established and developing authors from a variety of disciplines, but it offers a diverse range of perspectives through which we can examine an under-researched area. It analyses the range of techniques and media and takes a global view of how hostility against disabled people is promulgated. While doing all of the above, it also makes us fully aware of the painful impacts of being disabled and the abuse that this facet exposes us to. Not only must we have the impairment, but we must be stymied in life by societal obstructions placed in our way, and then, we must also face someone else's bile and prejudice. Those who work with disabled people in the medical profession, social services, and support services as well as those in social policy and culture management should read this volume.

Bibliographie citée par cette référence

Les références citées sont importées depuis des sources externes de métadonnées lorsqu’elles sont disponibles. La liste peut être partielle.

Vue d’ensemble de la bibliographie citée

Ces indicateurs décrivent la bibliographie citée par cette publication. Un nom d’auteurice est compté chaque fois qu’il apparaît dans une référence citée : une même personne peut donc être comptée plusieurs fois. Les noms qui ne sont pas encore associés à un·e auteurice déjà présent·e dans AutiHub sont traités comme inconnus, pas comme non autistes. Dernier calcul : 19/09/2026 01:01.

Références citées
3
Avec un DOI
3
Sans DOI, à partir du texte brut de la bibliographie
0
1 / 3 (33,3 %) références citées comprennent au moins une personne identifiée comme autiste.
Références avec données à compléter
0 / 3 (0,0 %)
Références avec noms d’auteurices détectés
3 / 3 (100,0 %)
Sans nom d’auteurice détecté
0
Sans titre structuré
0
Sans identifiant stable
0
Références avec noms bruts d’auteurices restant à vérifier
0
Références avec problème de récupération des métadonnées externes
0
Ces indicateurs portent sur les références citées affichées sur cette page, après fusion des doublons techniques. Une référence sans DOI peut quand même soutenir les statistiques d’auteurices lorsqu’un titre et des noms d’auteurices sont disponibles.
Noms d’auteurices détectés dans la bibliographie citée
4
À partir du DOI ou de métadonnées externes
4
À partir du texte brut validé de la bibliographie
0
Noms bruts déjà validés
0
Noms bruts restant à vérifier
0
1 / 4 (25,0 %) noms sont associés à un·e auteurice déjà présent·e dans AutiHub. 3 / 4 (75,0 %) noms ne sont pas encore associés.
Noms associés à une personne identifiée comme autiste
1 / 4 (25,0 %)
Calculé sur l’ensemble des noms d’auteurices détectés dans la bibliographie citée. Parmi les noms associés à un·e auteurice déjà présent·e dans AutiHub : 1 / 1 (100,0 %). Personnes distinctes identifiées comme autistes : 1 / 4 (25,0 %).
  1. Neil Chakraborti , Jon Garland (2015). Hate Crime: Impact, Causes & Responses . SAGE Publications Ltd.
    Crossref OpenAlex OpenCitations
  2. Leah Burch (2021). Understanding Disability and Everyday Hate . Springer International Publishing.
    Crossref OpenAlex OpenCitations
  3. David Wilkin *Auteur·ice autiste. En savoir plus… (2020). Disability Hate Crime . Springer International Publishing.
    Crossref OpenAlex OpenCitations