Converser aux limites du sens
Titre original en anglais : Conversing at the Edge of Meaning
Williams, G. (2018). Conversing at the Edge of Meaning. Williams, G 2018, 'Conversing at the Edge of Meaning', Paper presented at VIII INTERNATIONAL SYMPOSIUM ON INTERCULTURAL, COGNITIVE AND SOCIAL PRAGMATICS, Seville, Spain, 2/05/18 - 4/05/18. https://doi.org/10.13140/rg.2.2.29247.82084
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Auteurs
Résumé
Les « déficits » pragmatiques dans l’usage autistique du langage sont couramment attribués à une théorie de l’esprit altérée : la responsabilité des échecs de la compréhension mutuelle est placée dans l’esprit des personnes autistes concernées. Les études critiques contemporaines sur l’autisme et certaines recherches sociologiques sur l’autisme proposent une explication alternative de ce type de rupture pragmatique, en reconsidérant la communication de manière plus égalitaire au sein d’une socialité réciproque. Cette présentation offre un aperçu de ces explications et examine comment l’usage autistique du langage peut être mieux compris dans une perspective de différence plutôt que de déficit. Ce qui est couramment supposé être une absence ou une altération de la théorie de l’esprit sera reformulé à l’aide du problème de la double empathie de Milton ; « une disjonction dans la réciprocité entre deux acteurs sociaux disposés différemment » (2012). Selon cette approche, le malentendu n’est pas seulement une conséquence de l’« altération » autistique, il est mutuel. La normativité ne devrait pas être confondue, bien qu’elle le soit souvent, avec le fait « d’avoir raison ». Dans de nombreuses recherches sur l’usage autistique du langage, on observe ce que Sterponi et de Kirby (2016) appellent l’« influence contraignante de l’interlocuteur ». Sous ces contraintes, lorsque les locuteurs autistes se comportent en dehors des attentes de leurs interlocuteurs, on suppose souvent qu’un certain type de déficit pragmatique est en jeu. Dans les cas, toutefois, où les deux locuteurs prennent le « risque de poursuivre », et où l’on permet au langage de « courir le long des limites du sens », une habileté pragmatique jusque-là inaperçue peut parfois être observée (Sterponi et Fasulo 2010). En recherchant d’autres exemples de communication nettement trans-dispositionnelle, cette présentation se tourne vers l’anglais comme lingua franca (ELF). Malgré l’absence caractéristique de schémas culturels ou sociolinguistiques partagés, les échanges en ELF (par opposition à l’anglais comme langue étrangère, où les normes des locuteurs natifs constituent l’objectif linguistique) présentent une nature hautement « coopérative et consensuelle » (Pullin 2013). Ici, les différences culturelles et, sans doute par extension, les différences conceptuelles et cognitives sont surmontées grâce aux efforts supplémentaires accomplis sous la forme d’une accommodation : un « processus bilatéral d’ajustement de la parole... recherchant la convergence afin d’être compris » (Jenkins 2000:21). Cette présentation se conclura par quelques questions sur la possibilité que les échanges en ELF nous apprennent quelque chose qui pourrait bénéficier aux études sur l’usage du langage dans l’autisme.
Bibliographie citée par cette référence
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