Converser aux limites du sens

Titre original en anglais : Conversing at the Edge of Meaning

Williams, G. (2018). Conversing at the Edge of Meaning. Williams, G 2018, 'Conversing at the Edge of Meaning', Paper presented at VIII INTERNATIONAL SYMPOSIUM ON INTERCULTURAL, COGNITIVE AND SOCIAL PRAGMATICS, Seville, Spain, 2/05/18 - 4/05/18. https://doi.org/10.13140/rg.2.2.29247.82084

Date de publication: 01/01/2018 Ajout dans AutiHub: 07/07/2026 Type: Article Langue de l’article: Anglais

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Résumé

Les « déficits » pragmatiques dans l’usage autistique du langage sont couramment attribués à une théorie de l’esprit altérée : la responsabilité des échecs de la compréhension mutuelle est placée dans l’esprit des personnes autistes concernées. Les études critiques contemporaines sur l’autisme et certaines recherches sociologiques sur l’autisme proposent une explication alternative de ce type de rupture pragmatique, en reconsidérant la communication de manière plus égalitaire au sein d’une socialité réciproque. Cette présentation offre un aperçu de ces explications et examine comment l’usage autistique du langage peut être mieux compris dans une perspective de différence plutôt que de déficit. Ce qui est couramment supposé être une absence ou une altération de la théorie de l’esprit sera reformulé à l’aide du problème de la double empathie de Milton ; « une disjonction dans la réciprocité entre deux acteurs sociaux disposés différemment » (2012). Selon cette approche, le malentendu n’est pas seulement une conséquence de l’« altération » autistique, il est mutuel. La normativité ne devrait pas être confondue, bien qu’elle le soit souvent, avec le fait « d’avoir raison ». Dans de nombreuses recherches sur l’usage autistique du langage, on observe ce que Sterponi et de Kirby (2016) appellent l’« influence contraignante de l’interlocuteur ». Sous ces contraintes, lorsque les locuteurs autistes se comportent en dehors des attentes de leurs interlocuteurs, on suppose souvent qu’un certain type de déficit pragmatique est en jeu. Dans les cas, toutefois, où les deux locuteurs prennent le « risque de poursuivre », et où l’on permet au langage de « courir le long des limites du sens », une habileté pragmatique jusque-là inaperçue peut parfois être observée (Sterponi et Fasulo 2010). En recherchant d’autres exemples de communication nettement trans-dispositionnelle, cette présentation se tourne vers l’anglais comme lingua franca (ELF). Malgré l’absence caractéristique de schémas culturels ou sociolinguistiques partagés, les échanges en ELF (par opposition à l’anglais comme langue étrangère, où les normes des locuteurs natifs constituent l’objectif linguistique) présentent une nature hautement « coopérative et consensuelle » (Pullin 2013). Ici, les différences culturelles et, sans doute par extension, les différences conceptuelles et cognitives sont surmontées grâce aux efforts supplémentaires accomplis sous la forme d’une accommodation : un « processus bilatéral d’ajustement de la parole... recherchant la convergence afin d’être compris » (Jenkins 2000:21). Cette présentation se conclura par quelques questions sur la possibilité que les échanges en ELF nous apprennent quelque chose qui pourrait bénéficier aux études sur l’usage du langage dans l’autisme.

Pragmatic ‘deficits’ in autistic language use are commonly attributed to an impaired theory of mind: the onus of failures in mutual understanding is placed within the minds of the autistic individuals involved. Contemporary critical autism studies and some sociological autism research offer an alternative account for this kind of pragmatic breakdown, reframing the communication more equally within a reciprocal sociality. This talk provides an overview of these accounts and explores how autistic language use can be better understood from a difference-not-deficit perspective. What is commonly assumed to be a lack or impairment of theory of mind will be reframed using Milton’s Double Empathy Problem; ‘a disjuncture in reciprocity between two differently disposed social actors’ (2012). According to this approach, misunderstanding is not just a consequence of autistic ‘impairment’, it is mutual. Normativity should not be conflated, though it often is, with ‘being right’. In much research into autistic language use, there is evidence of what Sterponi & de Kirby (2016) call the ‘constraining influence of the interlocutor’. Under these constraints, when autistic speakers perform outside of the expectations of their interlocutors, the assumption is often made that there is some kind of pragmatic deficit at play. In those cases, however, where both speakers take the ‘risk of going on’, and language is allowed to ‘run along the edges of meaning’ previously unnoticed pragmatic flair can sometimes be observed (Sterponi & Fasulo 2010). In looking for further examples of markedly cross-dispositional communication, this talk turns toward English as a Lingua Franca (ELF). Despite the characteristic lack of shared cultural or sociolinguistic schemata, ELF talk (as distinguished from English as a Foreign Language, where native speaker norms are the linguistic goal) exhibits a highly ‘cooperative and consensual nature’ (Pullin 2013). Here cultural, and arguably, by extension, conceptual and cognitive, differences are overcome through the extra efforts made in the form of accommodation: a ‘bilateral process of speech adjustment…seeking convergence for the purpose of being understood’ (Jenkins 2000:21). This talk will conclude with some questions around whether there is anything we can learn from ELF talk that might benefit autism language use studies.

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