Inadaptés et saints écologiques : stratégies de vie non normative dans les récits de vie autistiques

Titre original en anglais : Misfits and ecological saints: strategies for non-normative living in autistic life writing

Stenning, A. (2022). Misfits and ecological saints: strategies for non-normative living in autistic life writing. Disability Studies Quarterly, 42(1). https://doi.org/10.18061/dsq.v42i1.7715

Date de publication: 18/08/2022 Ajout dans AutiHub: 06/07/2026 Type: Article Langue de l’article: Anglais

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Résumé

La construction historique de l’autisme depuis le début du XXe siècle a conservé une focalisation sur un « intérêt déficient pour les personnes, des déficiences graves de la communication et des réponses bizarres à l’environnement » (DSM III). Cela signifie que la personne est représentée comme narcissique et asociale plutôt que comme « écocentrique », avec un intérêt pour les « aspects mécaniques de l’environnement ». Les récits de vie de personnes autistes, notamment Chris Packham (2018) et Tito Rajarshi Mukhopadhyay (2008), démontrent une conscience du fait que les expériences humaines du monde non humain sont intra-actives et en constante évolution (Alaimo 2010). Ironiquement, les écrivains autistes qui décrivent une affinité avec la nature non humaine sont considérés comme ayant un écocentrisme inné (donc irréfléchi et naïf, au sens de Schiller). Cela minimise l’importance de l’écriture autobiographique expérimentale d’auteurs autistes, qui manifeste une conscience de soi et une sensibilité aux préconceptions concernant l’autisme. Que le discours environnemental présente les personnes autistes comme des symboles de pratiques toxiques telles que la vaccination (voir Gibbons 2017) ou comme des « neurotypes exemplaires » (Duan et al 2018), rendus capables par leur autisme de nous délivrer de la menace environnementale collective, cela contribue au silence imposé à l’expérience autiste. C’est particulièrement le cas lorsque nous reconnaissons que les vies autistes sont multiples et comportent des difficultés très individuelles. Ces difficultés sont souvent essentielles à la compréhension des récits de soi de leurs auteurs. Cet article lit les écrits autobiographiques de Packham, Greta Thunberg et Mukhopadhyay en termes d’intra-action entre les humains et leurs environnements. Il examine les manières dont les récits de soi autistes sont cadrés, et la façon dont ils suggèrent l’« émergence de stratégies alternatives de vie non normative » qui incluent l’écriture elle-même (Grossman 2019).

The historical construction of autism since the early 20th century has retained a focus on deficient 'interest in people, severe impairments in communication and bizarre responses to the environment' (DSM III). This means that he or she is represented as narcissistic and a-social rather than 'ecocentric', with an interest in the 'mechanical aspects of the environment'. Life writing by autistics including Chris Packham (2018) and Tito Rajarshi Mukhopadhyay (2008) demonstrates an awareness that human experiences of the non-human world are intra-active and constantly changing (Alaimo 2010). Ironically, autistic writers who describe affinity with non-human nature are seen as having an innate (hence unreflective and naïve, in Schiller's sense) ecocentrism. This downplays the importance of experimental life writing by autistic authors which displays self-awareness and sensitivity to preconceptions about autism. Whether environmental discourse frames autistics as symbols of toxic practices such as vaccination (see Gibbons 2017) or as 'exemplary neurotypes' (Duan et al 2018) enabled by their autism to deliver us from collective environmental threat, this contributes to the silencing of autistic experience. This is particularly the case when we recognize that autistic lives are manifold and involve difficulties that are highly individual. These difficulties are often key to understanding their author's self-stories. This article reads the autobiographical writings of Packham, Greta Thunberg and Mukhopadhyay in terms of intra-action between humans and their environments. It attends to the ways that autistic self-narratives are framed, and how they suggest the 'emergence of alternative strategies of nonnormative living" that include writing itself (Grossman 2019).

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