Inadaptés et saints écologiques : stratégies de vie non normative dans les récits de vie autistiques
Titre original en anglais : Misfits and ecological saints: strategies for non-normative living in autistic life writing
Stenning, A. (2022). Misfits and ecological saints: strategies for non-normative living in autistic life writing. Disability Studies Quarterly, 42(1). https://doi.org/10.18061/dsq.v42i1.7715
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Auteurs
Résumé
La construction historique de l’autisme depuis le début du XXe siècle a conservé une focalisation sur un « intérêt déficient pour les personnes, des déficiences graves de la communication et des réponses bizarres à l’environnement » (DSM III). Cela signifie que la personne est représentée comme narcissique et asociale plutôt que comme « écocentrique », avec un intérêt pour les « aspects mécaniques de l’environnement ». Les récits de vie de personnes autistes, notamment Chris Packham (2018) et Tito Rajarshi Mukhopadhyay (2008), démontrent une conscience du fait que les expériences humaines du monde non humain sont intra-actives et en constante évolution (Alaimo 2010). Ironiquement, les écrivains autistes qui décrivent une affinité avec la nature non humaine sont considérés comme ayant un écocentrisme inné (donc irréfléchi et naïf, au sens de Schiller). Cela minimise l’importance de l’écriture autobiographique expérimentale d’auteurs autistes, qui manifeste une conscience de soi et une sensibilité aux préconceptions concernant l’autisme. Que le discours environnemental présente les personnes autistes comme des symboles de pratiques toxiques telles que la vaccination (voir Gibbons 2017) ou comme des « neurotypes exemplaires » (Duan et al 2018), rendus capables par leur autisme de nous délivrer de la menace environnementale collective, cela contribue au silence imposé à l’expérience autiste. C’est particulièrement le cas lorsque nous reconnaissons que les vies autistes sont multiples et comportent des difficultés très individuelles. Ces difficultés sont souvent essentielles à la compréhension des récits de soi de leurs auteurs. Cet article lit les écrits autobiographiques de Packham, Greta Thunberg et Mukhopadhyay en termes d’intra-action entre les humains et leurs environnements. Il examine les manières dont les récits de soi autistes sont cadrés, et la façon dont ils suggèrent l’« émergence de stratégies alternatives de vie non normative » qui incluent l’écriture elle-même (Grossman 2019).
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